S'inscrire à la newsletter

S'inscrire à la newsletter
Gonzague Grandval

Accueil  >  Ressources   > Blog

Gonzague Grandval

Cofondateur de Paymium - Secteur Fintech

Aux côtés de Pierre Noizat, Gonzague Grandval a cofondé Paymium, une start-up française qui a fait le pari audacieux du bitcoin. A la fois place de marché et solution de paiement intégrée, elle se mue désormais en opérateur de services sur la « blockchain ». Espérant ainsi capitaliser sur les nombreuses possibilités offertes par cette technologie à l’origine du bitcoin et qui apparaît désormais comme une innovation majeure.

NN : Quels sont les services proposés par Paymium ?
GG : Nous sommes une place de marché sur laquelle vous allez pouvoir acheter et vendre des bitcoins. Sur cette place de marché, nous avons construit une solution de paiement à destination des e-commerçants qui va leur permettre d’accepter les versements en bitcoins, qui vont ensuite leur être remis en euros.
Nous développons également des solutions qui n’ont trait ni au paiement, ni à la monnaie mais qui utilisent des fonctions de certification et de confiance induites par la blockchain bitcoin. Des services de certification de diplôme ou de flux internes pour le compte des banques et des compagnies d’assurances, notamment.
 
NN : Qui sont les utilisateurs de votre site ?
GG : Sur la place de marché, nous avons des traders qui sont là pour de la spéculation. Généralement, ils jouent à la fois chez nous et sur d’autres places de marché. Nous avons beaucoup de clients qui sont là pour découvrir et acheter leurs premiers bitcoins. Il y également des gens qui souhaitent investir dans le bitcoin. Ils ne sont pas là pour spéculer, mais simplement pour réaliser un placement. Enfin, vous avez les clients qui viennent convertir leurs euros en bitcoins pour réaliser des achats sur internet, puisqu’il y a maintenant des dizaines de milliers de marchands dans le monde qui acceptent ce type de paiement.
 
NN : Quel type d’entreprise accepte le bitcoin sur le marché français aujourd’hui?
GG : Il y a beaucoup de petites entreprises. Généralement, elles opèrent sur des secteurs jeunes, connectés et technophiles. Vous avez également beaucoup d’e-commerçants avec des clients internationaux. Le bitcoin est un moyen de paiement et une monnaie universelle. Les coûts sont moindres quand vous opérez des transactions pour des clients américains, chinois ou autres. Tout le monde a la même monnaie sur un réseau unique, c’est bien plus intéressant que de réaliser des transactions en devises étrangères sur des sites français.
 
NN : Qu’est-ce qui fait la spécificité du réseau bitcoin ?
GG : La blockchain bitcoin est une technologie complètement libre. Ce qui fait du bitcoin la première unité monétaire totalement libre. Elle est émise par un protocole technique dont tout le monde peut voir le fonctionnement, en toute transparence. Les transactions ne sont pas contrôlées par une entité centrale, mais sont validées par les utilisateurs du réseau eux-même.
 
NN : Comment est perçu le bitcoin aujourd’hui ?
GG : Entre 2013 et 2015, il y a eu une certaine agitation autour du bitcoin. Des gens ne comprenant pas très bien le fonctionnement du réseau ont pu s’arrêter à certains articles de presse qui résumaient le phénomène à un système anonyme, permettant de faciliter des activités illégales.
Depuis 6 mois la chasse aux sorcières s’est essoufflée grâce au regain d’intérêt autour de la technologie blockchain, qui est l’architecture sous-jacente du bitcoin. Les gens ont désormais une meilleure compréhension de cette technologie et donc de ce qu’est le bitcoin. On se rend compte que les 2 sont intimement liés et qu’il est illusoire de vouloir les séparer. Si l’on veut utiliser le potentiel de confiance, de sécurité, d’infrastructure de la blockchain, il faut comprendre et utiliser bitcoin. C’est l’élément incitatif de cette technologie.
 
NN : Quelles sont les possibilités offertes par la technologie blockchain ?
GG : En dehors de l’argent et des transactions de paiements, les sujets intéressants sont ceux qui tournent autour de la confiance, de la traçabilité, de la transparence et de l’horodatage. Tous les évènements enregistrés dans cette blockchain publique le sont de façon irrévocable, certaine et transparente. Dans un certains nombre de domaines cela peut avoir un grand rôle. Aujourd’hui les banques pensent pouvoir utiliser cette technologie pour proposer de nouveaux services ou faire évoluer leur métier dans le domaine de la finance numérique.
Les réflexions démarrent à peine dans ces secteurs-là, mais un certains nombre d’idées commencent à être développées sur l’automatisation des transactions et sur le caractère certifiant pour certains systèmes. D’ailleurs Paymium participe à un consortium dans lequel on retrouve des assureurs, des banquiers et des sociétés technologiques et qui a pour but de former ses partenaires à la blockchain bitcoin et d’identifier ensemble les cas d’usages sur lesquels pourront s’appliquer cette technologie.
Le premier cas sur lequel nous avons travaillé est celui de l’identité numérique. Dans le domaine de l’assurance et de la banque, c’est un sujet transverse qui doit être traité avec un haut niveau de sécurité. Il doit permettre une traçabilité des transactions et surtout de l’interopérabilité. Le but, à terme, est de pouvoir s’identifier sur un support qui reconnaisse votre identité quelle que soit sa source.
 
NN : Cela va t-il faire évoluer le métier de Paymium, vers plus de conseil par exemple ?
GG : Nous avons une petite activité de conseil parce que le marché le veut et que c’est la porte d’entrée pour faire émerger des cas d’usage intéressants au sein de ces groupes. Mais nous n’avons pas vocation à devenir une société de conseil ou une SSII classique. Nous sommes un opérateur de services sur la blockchain. Nous voulons utiliser nos infrastructures de gestion de clés pour développer des services dans le paiement mais également pour gérer les services de confiance numérique et de certification que nous proposons à nos clients. C’est le cas quand nous faisons de la certification de diplôme pour le compte de l’Université Léonard de Vinci, par exemple. Le but, à terme, est d’évoluer comme un tiers de confiance sur le réseau bitcoin, pour la marché bancaire, celui des assurances ou tout autre acteur qui s’y intéresse.
 
Propos recueillis par David Rozec, drozec@nomination.fr

 

Partager cet article