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Bertrand Diard

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Bertrand Diard

Président de Tech In France - Secteur Associations, fédérations, syndicats

Président de Tech in France depuis juin 2016, Bertrand Diard nous parle des principaux défis de l’écosystème numérique, avec en point de mire la présidentielle de 2017 qui devra être l’occasion d’accélérer sur plusieurs questions cruciales et de permettre aux entreprises françaises de franchir un cap.

NN : Pouvez-vous nous présenter le travail de Tech in France ? BD : Tech in France est une association regroupant les éditeurs de logiciels et les sociétés de l’Internet. Avec aujourd’hui 400 membres et une dizaine de permanents. Nous avons 2 missions principales, avec un pan opérationnel afin de supporter l’écosystème numérique, et un pan institutionnel qui permet aux pouvoirs publics d’avoir un interlocuteur spécifique sur le numérique.   NN : En début d’année l’association a changé de nom pour devenir « Tech In France » avec la volonté de donner un nouvel élan. Pouvez-vous nous en dire plus ? BD : En dix ans d’existence, l’association a connu une évolution très importante en termes de représentativité. Ce changement de nom a servi à matérialiser cette nouvelle dimension. Nous voulions également nous mettre en ordre de bataille avant les échéances institutionnelles à venir et notamment les élections présidentielles de 2017. La volonté de l’association est de faire connaître aux institutions les problématiques autour de la technologie et du numérique, et de replacer le sujet au cœur du débat. Car économiquement parlant c’est aujourd’hui « le » secteur qui devrait attirer l’attention, mais ce n’est pas forcément le cas.   NN : Il y a donc un effort politique à mener sur le secteur du numérique ? BD : Aujourd’hui, les politiques viennent vers nous car nous avons une forte représentativité. Mais il faut savoir d’où l’on vient : lors de la présidentielle de 2012, il n’y avait de volet numérique identifié dans aucun des programmes des différentes candidats. Ce n’est plus acceptable aujourd’hui et les politiques doivent accompagner la transformation numérique en cours et valoriser les formidables atouts que nous avons en France.   NN : Sur quelles questions vos adhérents aimeraient-ils être entendus par les politiques ? BD : En septembre nous allons éditer une plateforme présidentielle sur laquelle il y aura une dizaine de propositions que nous aurons conjointement travaillées avec le Syntec. Nous allons nous intéresser à des sujets cruciaux pour l’écosystème du numérique comme la formation, l’investissement ou le fléchage de l’épargne. Sur la formation par exemple, nous préconisons une intégration du codage informatique au cursus de découverte des collégiens et des lycéens. Il faut que demain les élèves s’initient à la programmation comme aux sciences et aux mathématiques aujourd’hui. C’est un exercice intellectuel de conception et de modélisation important quelle que soit la direction que prendra l’élève par la suite. Le code et la programmation informatique font déjà partis du quotidien de tous les français. Pour ce qui est du financement de l’écosystème numérique, il y a eu des progrès mais il reste beaucoup de travail à effectuer. En France, l’investissement en capital risque représente 0,03% du PIB, quand il est de 0,4% en Israël et de 0,3% aux Etats-Unis. Dans le même temps nous sommes un des pays avec la plus forte capacité d’épargne. Mais cette épargne est aujourd’hui fléchée vers l’assurance vie et des supports comme la monnaie ou les emprunts d’Etat. C’est contreproductif pour notre économie, quand vous savez qu’en investissant 100 euros dans une société technologique, 80 euros sont destinés à créer de l’emploi. Il y a donc des décisions institutionnelles à prendre sur le fléchage de l’épargne. C’est un sujet important pour les start-up, car la technologie est consommatrice de capital en amont, mais également pour des acteurs plus installés qui ont également besoin de financement pour continuer à se développer.   NN : Vous considérez que la France est en retard sur les autres pays développés ? BD : Sans ressortir la vieille rengaine sur la difficulté de créer une entreprise en France, nous avons des chantiers colossaux devant nous. Ca ne veut pas dire que le secteur n’est pas dynamique en France, c’est ce qui est frustrant, malgré le manque d’investissement et les défauts de notre formation, nous avons la capacité à sortir de très bons ingénieurs et à développer des entreprises très intéressantes. Mais nous sommes loin de la place qui devrait être la nôtre. Il faut que la France soit en capacité de créer des champions mondiaux, or avec des levées de fonds de 15 ou 20 millions de dollars ce n’est pas possible, quand dans le même temps vous avez des entreprises étrangères qui reçoivent 150 millions de dollars.   Propos recueillis par David Rozec, drozec@nomination.fr