Nomination

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Laurence Lafont

Laurence Lafont

Directrice générale marketing et opérations de Microsoft France - Secteur Silver Economie

« PREPARER LA SOCIETE DE LA LONGEVITE DE DEMAIN »

Récemment nommée présidente de la Silver Valley, Laurence Lafont demeure directrice générale marketing et opérations de Microsoft France. Aujourd’hui, elle cherche à répondre aux besoins et aux usages des personnes âgées. Eclairage sur le cluster Silver Valley, centre référent des acteurs franciliens de la silver économie.

En qualité de présidente, comment définiriez-vous votre activité au sein de la Silver Valley ?

Laurence Lafont : La Silver Valley, écosystème d’innovation dédié au mieux vieillir, dispose d’un statut associatif. L’association est formée d’une équipe opérationnelle pilotée par un directeur général. Mon rôle consiste à faciliter les discussions au niveau du bureau et du conseil d’administration et d’aider l’équipe opérationnelle dans les orientations stratégiques. Nous veillons aussi aux bonnes relations entre les différentes entités publiques sur le territoire et les entreprises pour mener à bien notre activité dans les meilleures conditions.

On entend beaucoup parler du terme « cluster ». Comment cela fonctionne ?

LF : Nous sommes dans une logique d’écosystème d’où l’utilisation du terme « cluster ». Cela se traduit par une ambition : celle de fédérer différents acteurs dans le domaine de la silver économie en Ile-de-France. Cette filière doit progresser et contribuer au rayonnement et au développement du territoire et de l’emploi en Ile-de-France. Ainsi, nous soutenons les innovations afin d’accompagner le vieillissement de la population. Ces innovations proviennent des starts up, des PME, mais aussi des grands groupes qui appréhendent de plus en plus cette question du mieux vieillir.

« Facilitateur et catalyseur des innovations portées par nos membres »

Tout cela dans l’objectif de préparer l’avenir des seniors et leur garantir une meilleure inclusion ?

LF : C’est la finalité de la filière silver économie. Le nombre grandissant de seniors en France représente un marché important. D’ailleurs, le terme senior est très connoté grand âge donc à la nécessité d’autonomie de ces individus. Mais nous nous adressons aussi aux seniors récemment retraités. Finalement, notre but est de mieux appréhender les besoins des seniors et comprendre comment les innovations – et notamment les innovations technologiques – vont pouvoir les aider dans les différentes phases du vieillissement.

Auriez-vous des exemples d’innovations ?

LF : Les objets connectés par exemple ! Ils offrent la possibilité de maintenir des personnes âgées à domicile, grâce à une supervision à distance, rassurante pour la personne âgée, au rappel automatique de la prise de médicaments, au maintien du lien social par des outils de communication adaptés… De nombreuses opportunités émergent aussi pour l’accompagnement des soins au niveau des EHPAD par exemple.

Le cluster est tout de même libre et autonome dans l’innovation de nouveaux services et produits ?

LF : Oui. On est vraiment dans une logique associative, donc de partage de valeurs et d’expertises que l’on va développer dans cet écosystème. Nous avons passé le cap des 300 membres au sein de Silver Valley. Nous sommes un facilitateur et un catalyseur des innovations portées par nos membres.

L’intelligence artificielle est l’un des sujets à la mode. Est-ce que vous voyez poindre des solutions l’utilisant ?

LF : Ça commence… Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est utilisée dans le domaine de la santé. Il va forcément y avoir un impact positif sur le mieux vieillir. Nous avons par exemple des start-ups qui créent des outils à base d’apprentissage permettant de faire travailler la mémoire pour accompagner des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

L’Etat finance en partie le cluster. Est-ce le véritable signe de l’impact économique et sociétal du vieillissement de la population française ?

LF : L’Etat ne finance pas directement notre association. Nos subventions publiques viennent de la Région Ile-de-France, du territoire Grand Orly Seine Bièvre, du Conseil Départemental du Val de Marne, ainsi que de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse pour en citer quelques-uns. Toutefois, il est vrai que c’est un sujet qui est au cœur des préoccupations du gouvernement. La filière silver économie a été créée il y a plusieurs années. Michèle Delaunay (anciennement ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie) avait été très active. Tous les domaines d’activités seront concernés par la problématique du vieillissement. Transport, santé, environnement, loisirs, sécurité, alimentation… Il faudra s’adapter ! Il y a aussi l’enjeu du maintien à domicile, a priori très pertinent d’un point de vue économique.

Un risque de perte de lien social existe au moment de la retraite. Est-ce que cette dimension est aussi prise en compte par les membres du cluster ?

LF : C’est l’un des axes que l’on veut vraiment développer. Nous associons les seniors aux réflexions et aux travaux que mènent les entreprises au travers d’un open lab. Ainsi, les représentants seniors nous aident à bâtir des solutions adaptées. Ceux-ci vont fournir leurs retours d’expérience, des informations sur leurs besoins et leurs problématiques. Cela participe à la construction des offres de services et des innovations que développent les membres de Silver Valley.

Propos recueillis par Léopold Rousseau

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