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William Bourgeois

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William Bourgeois

Directeur général d'Elvia Group - Secteur Ingénierie, certifications et inspections techniques

Le concept de smart city est fleurissant et les possibilités qu’il ouvre, séduisantes, mais quelle est la réalité du terrain ? William Bourgeois, fondateur d’Elvia Group, spécialiste de la « ville durable », nous répond.

NN : Tout d’abord pouvez-vous nous présenter Elvia Group ?
WB : La société est divisée en quatre filiales : Elvia Ingénierie qui est un bureau d’étude en protection de l’environnement et maîtrise des risques. Elvia Radioprotection qui fait la même chose mais sur le secteur du nucléaire. Harmonia qui est dans l’urbanisme et l’aménagement du territoire et Elvia Software qui fait de la création d’objets connectés et de logiciels.
Nous sommes avant tout sur une problématique de protection de l’environnement et de maîtrise des risques, mais petit à petit nous nous rapprochons de problématiques sociétales. Nous avons une approche globale d’aménagement des territoires qui nous amènera, demain, à devenir des développeurs de smart cities.
 
NN : Pourquoi avoir fait le choix d’une entreprise pluridisciplinaire ?
WB : Nous étions un cabinet d’études spécialisé dans la protection de l’environnement et la maîtrise des risques et ce sont nos clients qui nous ont demandé de mettre en œuvre nos préconisations. Nous nous sommes rendus compte que les enjeux étaient les mêmes pour les industries et les collectivités et que nous pouvions appliquer les solutions de l’un pour l’autre. Nous avons ensuite étendu notre réflexion à l’amélioration du cadre de vie et le projet de développer des smart cities est venu naturellement.
Par ailleurs, l’aspect pluridisciplinaire permet d’être cohérent, d’avoir une vision globale, en termes d’aménagement et de coût économique. D’être plus juste et proactif sur les solutions à proposer aux communes. Quand nous réalisons une étude urbaine, nous regardons ce dont ont besoin les citoyens d’une ville. C’est à ce moment là que nous allons proposer des pistes d’amélioration qui vont pouvoir conduire au développement de smart cities. Notre démarche est progressive et adaptée aux besoins de chaque ville. Nous n’arrivons pas en disant : « nous allons créer une smart city ». Ce n’est pas notre façon de travailler. Parce que d’une part ça effraie et que ce n’est pas forcément adapté.
 
NN : Alors, selon vous, que recouvre ce concept de smart cities?
WB : Une ville intelligente est d’abord capable de fournir un cadre de vie adapté aux habitudes et aux activités des citadins, en s’adaptant à leurs déplacements, en mettant en place de la mobilité douce (déplacement piéton ou cyclable) et en conservant des lieux de vie en son sein. La technologie doit être un moyen, pas une fin en soi. L’objectif est de donner une fonctionnalité à la ville. Avec des outils d’information, des utilités pour les déplacements, de l’accessibilité pour les handicapés…
 
NN : Les collectivités sont-elles prêtes pour le concept de smart city ?                  
WB : La volonté est là, mais encore une fois tout le problème réside dans la mise en œuvre. Vous avez des villes qui construisent mais qui ne mettent pas forcément les briques dans le bon sens. Par exemple, elles lancent une politique de suppression de la voiture en centre-ville, sans penser qu’en faisant cela, elles tuent le centre historique et déplacent le problème à la périphérie. Avec la création de grosses zones d’activités commerciales qui ont des effets bien plus néfastes à l’arrivée.
Le problème est que ce concept est souvent un outil de communication qui ne débouche pas forcément sur un projet concret. Les collectivités lancent des éco-quartiers parce que c’est dans l’air du temps, mais à l’arrivée ces quartiers n’ont pas grand chose d’écologique et sont très loin de constituer une smart city. Nous gardons toujours en tête le fait que les collectivités ont de moins en moins de moyens et qu’il faut proposer quelque chose d’innovant mais aussi de réaliste.
 
NN : Est-il particulièrement compliqué de travailler avec des collectivités ?
WB : Il y a un problème de décalage entre le temps politique et celui du développement d’une ville. Les élus réfléchissent sur les six années de leur mandat quand il faudrait voir sur du long terme. C’est pour cela que nous avons arrêté la communication directe vers les politiques et que nous passons d’abord par les études urbaines. Quand nous voyons les élus, nous avons déjà travaillé avec les services d’urbanisme de la ville, et nous présentons des solutions applicables immédiatement avec un retour sur investissement bien lisible.
Par ailleurs, nous ciblons de plus en plus les villes moyennes où les élus restent souvent en place 15, 20 ans. Certes les moyens sont limités, mais nous y trouvons des interlocuteurs concernés et prêts à s’investir sur le long terme.
 
NN : Quel est votre argumentaire commercial ?
WB : Aujourd’hui, les obligations réglementaires sont notre porte d’entrée. Notamment la loi Alur, qui oblige les municipalités à revoir leur plan local d’urbanisme (PLU). Grace à cette loi, nous allons pouvoir, dans un premier temps, réaliser nos études urbaines pour ensuite proposer nos solutions. Sachant qu’un PLU c’est 18 mois de réalisation et un PLUI (plan local d’urbanisme intercommunal) 3 à 4 ans, cela nous laisse du temps pour bien connaitre la ville et développer des solutions adaptées, comme nos capteurs mobiles de mesure acoustique ou de pollution de l’air et ISAO, notre logiciel d’intervention des secours assistés par ordinateur.
L’objectif est ensuite de dépasser l’obligation réglementaire et de les convaincre d’aller plus loin. En leur garantissant des investissements ciblés et en les accompagnants dans l’obtention des aides et subventions, une nébuleuse dont la complexité est parfois supérieure à celle de nos technologies.
 
NN : Comment envisagez-vous l’avenir d’Elvia Group ?
WB : Je pense que notre positionnement sur le bien-être en ville, l’amélioration des mobilités et la protection de l’environnement est le bon. Le but est d’être complémentaire avec les gros acteurs qui se partagent le secteur de l’énergie. Nous sommes sur une niche par rapport à eux, mais c’est toujours intelligent de ne pas être en concurrence avec tout le monde.
Les problématiques que nous avons choisies seront les sujets de demain. Les PLU qui sortent font tous de la protection de l’environnement et de l’amélioration du cadre de vie, des enjeux majeurs. Or sur ces thématiques, la concurrence est encore assez peu avancée et nous avons notre mot à dire.
 
Propos recueillis par David Rozec, drozec@nomination.fr

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